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Exposition temporaire



Les poupées des Petites Filles Modèles
du 16 octobre 2007 au 16 mars 2008
Visuel de l'exposition

La nouvelle exposition du Musée aborde, à travers une centaine de pièces, le rôle de la poupée dans l’éducation des petites filles modèles depuis 1840, de la poupée de cire décrite par la Comtesse de Ségur jusqu’aux poupées en matière plastique de nos jours , qui continuent de jouer leur rôle de modèle pour les enfants comme pour les adultes.

Parmi celles-ci, Leeann, petite poupée canadienne d’aujourd’hui qui servira de guide au fil de cette exposition, dans l’univers des poupées des petites filles modèles des générations passées.


---------- Qu'est ce qu'une petite fille modèle ?

Les petites filles modèles évoquent tout d’abord l’univers que la Comtesse de Ségur a dépeint à travers le célèbre livre du même nom ainsi que dans le non moins célèbre « Les malheurs de Sophie ».

Portrait de la Comtesse de Ségur
"Les Petites Filles Modèles"
"Les malheurs de Sophie"

Le dictionnaire, lui, indique à Petite fille modèle : petite fille donnée pour servir de référence, parfaite en son genre, ayant une bonne éducation morale, intellectuelle, culturelle, de bons usages…

Les clés de l’éducation d’une petite fille modèle :
• Bonne éducation morale inspirée des valeurs chrétiennes : charité, dévotion, fréquentation des lieux de culte…
• Education intellectuelle : apprentissage de la lecture, de l’écriture, de l’histoire, de la géographie…
• Education physique : gymnastique, marche, équitation…
• Education culturelle et artistique : chant, musique, danse, dessin, couture, arts ménagers…
• Education aux bonnes manières : la politesse , l’exactitude, le tact, la bonne grâce, la patience, la charité, la docilité, l’amabilité, le dévouement, l’ordre, la droiture, l’honnêteté, la franchise, la gentillesse, la propreté…

Vilains défauts et légers travers :
la paresse, le désordre, la curiosité, l’égoïsme, l’orgueil, la pose, l’esprit critique, la susceptibilité, la triche, le mensonge, la gourmandise, la vanité, l’envie, la jalousie…

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---------- Les rôles de la poupée dans l'éducation d'une petite fille modèle


L’apprentissage de la bonne éducation s’est fait, comme on le voit dans « Les malheurs de Sophie », par l’usage de la poupée, en cire ou en papier mâché, à cette époque, puis en biscuit, composition, celluloïd, tissu, plastique.

Illustration "Les malheurs de Sophie"

Tout comme les matériaux, les morphologies des poupées se sont transformées, grâce à l’évolution des techniques, pour mieux répondre aux attentes des enfants. De la poupée mannequin, à tête en papier maché et au corps en peau, représentant la femme, modèle de la destinée enfantine, au bébé de caractère ou poupon représentant le bébé ou le jeune enfant, qui permettait à la fillette de jouer le rôle de petite maman.

A travers le jeu de la poupée, l’enfant découvre donc la couture, la broderie, le tricot, la tapisserie, la confection de trousseaux mais aussi, grâce aux nombreux accessoires et au mobilier de poupées tels que machines à coudre, dînettes, berceaux, layettes…, la cuisine et les soins aux enfants.

Couture pour poupées
Dînette pour poupées

Les revues enfantines, qui  souvent distribuaient aussi des poupées, contribuèrent également à l’éducation des fillettes  en proposant des patrons de couture ou de bricolage, des récits pleins de conseils et riches en morale ainsi que des illustrations et des images d’Epinal représentant des enfants modèles à imiter ou anti-modèles à condamner.


Victor Hugo résume très bien le rôle de la poupée dans l’éducation des enfants : « la poupée est un des plus impériaux besoins et en même temps un des plus charmants instincts de l’enfance féminine. Soigner, vêtir, parer, habiller, déshabiller, rhabiller, enseigner un peu gronder, bercer, dorloter, endormir, se figurer que quelque chose est quelqu’un, tout l’avenir de la femme est là. Tout en rêvant et tout en jouant, tout en faisant de petits trousseaux et de petites layettes , tout en cousant de petites robes, de petits corsages et de petites brassières, l’enfant devient jeune fille, la jeune fille devient femme. Le premier enfant continue la dernière poupée. »

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---------- Parcours de l'exposition

• 1830 -1850 – Nous présentons ici les poupées de l’époque de la Comtesse de Ségur et tout particulièrement les poupées de cire et de papier mâché accompagnées de nombreuses illustrations de l’époque romantique et des débuts du Second Empire.

Poupée en mariée en papier mache, 1850
photo Jean Dalmard

Poupée en porcelaine vernissée, 1860
photo Jean Dalmard

• 1860 - Violette est une superbe poupée « parisienne » (poupée mannequin) avec son riche trousseau d’origine comptant 20 tenues principales et de nombreux accessoires réalisés par ses petites propriétaires et leurs mamans d’après les patrons parus dans la revue « La Poupée Modèle ».

"La Poupée Modèle" 1878
Toilettes de poupées, "La Poupée Modèle"
Toilettes de poupées, "La Poupée Modèle"

Cette poupée a été conservée dans la même famille depuis la fin des années 1860 et a servi de jouet jusque dans les années 1950. Son trousseau, bien que décoloré au fil du temps, comporte des tenues pour toutes les saisons et adaptées aux divers moments de la journée d’une poupée de « bonne famille ».

Violette et son trousseau

• 1870 -  La maison Huret s’est imposée sous le Second Empire pour la qualité de ses poupées jouet révolutionnaires. La grâce de leurs expressions, l’articulation très élaborée de leur corps leur permettant de prendre des attitudes très réalistes, la richesse de leurs garde-robes reflétant aussi bien la mode enfantine qu’adulte ont établi les poupées Huret comme les reines des jouets de cette période.

Les revues enfantines de l’époque, telles que « La poupée Modèle », « La Gazette de la Poupée » et « Le Journal des Jeunes Personnes »  publiaient des patrons et des gravures destinées à ces poupées luxueuses. Nous présentons ici quelques  réalisations par Mathilde Héritier, couturière érudite, qui les a reconstituées dans le respect des matériaux et des techniques de couture anciens.

• 1880 –  Jumeau s’est imposé, après Huret, comme fabricant de poupées de luxe. Ses bébés articulés représentant l’enfant de 3 à 12 ans, avec la tête en biscuit (porcelaine mâte cuite 2 fois),  ont connu un vif succès populaire. Encore aujourd’hui, le nom de Jumeau est associé, dans la mémoire collective, à la poupée de grande qualité. Les deux bébés Jumeau que nous présentons ont appartenu à Claire et Pauline, deux petites filles modèles nées respectivement en 1866 et 1872. Chacune reçut son bébé Jumeau pour son onzième anniversaire. Les deux poupées, de même taille, ont partagé une riche garde-robe qui témoigne de la mode vestimentaire des enfants de la bourgeoisie de cette époque.

Bébé Jumeau
photo Jean Dalmard

• 1898/99 –  Paulette et Aline, sont deux bébés Jumeau de la génération suivante, offerts à deux sœurs, Madeleine (née en 1891) et Thérèse (née en 1893) Vimont, à la toute fin du XIX siècle. Elles ont été conservées avec leurs riches trousseaux d’origine avec des photos et autres témoignages familiaux qui permettent de restituer l’esprit pédagogique qui sous-tendait le jeu de la poupée à cette époque.

• 1910 – La génération de la Première Guerre Mondiale a continué à perpétuer  les valeurs éducatives du XIX siècle, et notamment le rôle essentiel joué par la poupée dans l’apprentissage de la couture. Les poupées traditionnelles, aussi bien que les bébés de caractère, étaient proposés à la vente dans de somptueux coffrets garnis de leurs trousseaux que les fillettes pouvaient enrichir en cousant, elles-mêmes, des tenues complémentaires à partir des patrons publiés par différentes revues enfantines. La poupée était souvent associée à d’autres jouets tels que les machines à coudre en miniature, les coffrets de modiste, les mannequins et autres nécessaires de couture.

• 1878-1925 – Mignonnette est la poupée de poche de la revue enfantine « La Poupée Modèle » qui publia, de 1878 à 1917, 403 patrons et croquis, 70 impressions sur étoffe et 63 cartonnages afin de permettre aux  fillettes de réaliser vêtements, accessoires et mobilier pour leurs poupées miniature. Nous les présentons ici avec les trousseaux  confectionnés  avec minutie et dextérité par Mathilde Héritier d’après les patrons parus dans la revue.

Mignonnette dans un décor réalisé d'après un patron de "La Poupée Modèle"

• 1905-1960 – Alors que « La Poupée Modèle » aura été une référence incontournable au XIX siècle, « La Semaine de Suzette » s’est imposée comme revue des petites filles bien pensantes  de 1905 à 1960.

"La Semainede Suzette", 1929
Patron paru dans "La Semaine de Suzette", 1938

Les célèbres poupées de cette revue, Bleuette, Bambino et Rosette correspondent au cliché des poupées plébiscitées par les milieux traditionalistes qui préservaient les valeurs morales et éducatives véhiculées par ces poupées. D’une part, Bleuette et ses frère et sœur portaient un trousseau prêt à porter acheté directement à l’éditeur Gautier-Languereau, d’autre part ces poupées exemplaires pouvaient être vêtues par leurs petites mamans grâce aux patrons parus dans la rubrique « Nous habillons Bleuette ».

Bleuette
Bambino

• 1912-1930 –  D’autres revues enfantines et féminines ont eu recours aux bons et loyaux services des poupées pour favoriser l’apprentissage de la couture, du tricot et des arts ménagers. les poupées de « Lisette »,  « Fillette », « Le Journal Rose », « Le Jardin des Modes » ont marqué de façon indélébile cette génération.

"Lisette", 1922
"Fillette", 1912
"Le Journal Rose", 1913
"Lisette", 1922
"Fillette", 1912
"Le journal Rose", 1913

• 1930 – Encore entre les deux guerres, la poupée était, pour les enfants, un moyen d’afficher leur appartenance sociale. Le jeu de la poupée était alors prétexte à l’apprentissage des normes vestimentaires suivies dans certains milieux. Une poupée de qualité comptait dans son trousseau des tenues appropriées à chaque saison, à chaque moment de la journée et à chaque étape marquante dans la vie de l’enfant telles que, robe de communiante, uniforme pour la rentrée des classes, robe de bal pour le début en société…

• 1940-2000 – A partir de 1940, les petites filles modèles espagnoles, issues majoritairement de familles de sensibilité franquiste, ont joué avec Mariquita Perez,  une poupée incassable qui fit rêver, bien évidemment, toutes les fillettes d’Espagne.

Mariquita Perez

L’opulence de sa garde-robe et l’efficacité de sa promotion dans les commerces d’objets de luxe ont hissé Mariquita Perez et ses frères au rang de jouet de prestige, à tel point mythique qu’aujourd’hui elle fait l’objet d’une nouvelle production respectueuse de sa tradition de jouet luxueux.

• 1950 – La génération des baby boomers a plébiscité les nouvelles poupées classiques fabriquées en France par des entreprises telles que Raynal, Bella, Gégé, Petitcollin… C’est l’époque où le celluloïd commence à céder le pas aux nouvelles matières plastique telles que le rhodoïd, le polystyrène et le polyéthylène. La nouvelle image de la petite fille sage rime avec robes froufroutantes en cloqué de nylon, bains de soleil trois pièces en cotonnades multicolores, robes du dimanche en soieries garnies de smocks et chaussures vernies irréprochables.

Poupée Raynal
Françoise, Petitcollin

• 1950-2000 – A la même époque, l’ancien adage, qui faisait rimer poupée avec couture trouve une nouvelle dimension dans les pages de la revue féminine « Modes & Travaux » qui, dès 1951, distribua des poupées exclusives prénommées Françoise, Michel, Francette… Depuis que ce magazine a abandonné l’exclusivité de leur distribution, ces mêmes poupées , toujours fabriquées par la société Petitcollin sont distribuées sous le label «Les poupées chic de Paris». Elles continuent d’inspirer les couturières fidèles aux patrons parus dans « Modes & Travaux » et séduisent une clientèle internationale qui apprécie ces dernières poupées fabriquées en France.

Patron pour Françoise paru dans "Modes&Travaux"
Patron pour Michel paru dans "Modes&Travaux"

• 1980 – Après guerre, l’entreprise montante Clodrey s’imposa comme un leader dans son secteur de la fabrication des poupées traditionnelles. Les références culturelles aux poupées d’inspiration romantique, tout comme au cliché de la poupée reflet de l’enfant sage des années 1960, ont marqué la production de ce fabricant. En 1981, Catherine Réfabert, belle-fille du fondateur de Clodrey, lança sa propre marque de poupées qui s’imposa rapidement en France et continue d’être exploitée, aujourd’hui, par une entreprise américaine : Corolle.

Poupées Corolle

Dans cette gamme de poupées classiques, les poupons au corps mou côtoient les poupées de collection, représentant aussi bien des filles que des garçons de différentes ethnies. Leurs vêtements soignés les situent dans la catégorie des jouets de qualité pour petites filles modèles d’aujourd’hui.

• 2000 – Parmi les poupées actuelles, certaines, fabriquées tout en porcelaine, s’adressent plutôt à un public adulte collectionneur ou motivé par la couture. Leur aspect revisite les clichés des poupées pour petites filles modèles aux jolies petites robes soignées, aux coiffures impeccables, aux accessoires choisis et raffinés qui correspondent à l’attente esthétique et décorative des adultes qui les chérissent. Wendy Lawton, Pauline Jacobsen, Heather Maciak, pour ne citer qu’elles, comptent parmi les artistes qui se sont spécialisées dans ce type de petites poupées décoratives.

Poupée par Heather Maciak
Alice par Wendy Lawton

Leeann est la dernière née dans cette catégorie de poupées. Conçue en 2005 par Denis Bastien, créateur canadien, cette poupée en matière plastique s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Elle représente une petite fille de notre temps vêtue, comme une enfant d’aujourd’hui, avec un mélange de décontraction et de classicisme. Bref, une poupée pour petites filles modèles de nos jours.



Autour de l'exposition...





Atelier enfants special exposition - "Confection d'une poupée en tissu"

Dans le cadre de l'exposition, le musée propose, chaque mercredi, un atelier de confection d'une poupée en tissu, aux enfants de 5 à 12 ans.
Rembourrage, couture, dessin seront effectués par les enfants qui repartiront avec une poupée unique !

sur réservation au 01 42 72 73 11






Séances de contes pour les familles

Des séances de contes en rapport avec l'exposition temporaire sont proposées aux enfants à partir de 3 ans, chaque mercredi.

sur réservation au 01 42 72 73 11





Visite pédagogique pour les enfants et les familles

Pour répondre aux questions du public, le musée propose des visites pédagogiques réservées aux enfants dès 5 ans et leur famille. Ces visites commencent par la manipulation d'éléments de poupées d'époques différentes et se poursuit par un parcours commenté des salles permanentes.

sur réservation au 01 42 72 73 11





Gouters d'anniversaire au Musée

Fete ton anniversaire en compagnie de tes amis et des poupées !
Visite libre ou pédagogique + gouter (non fourni) + séance de contes ou atelier

Formules modulables - sur réservation 01 42 72 73 11





Visite du Musée à la torche - NOUVEAU !

Les poupées s'animent-elles, la nuit, lorsque les vitirines sont éteintes et que les visiteurs sont partis ? Visitez le Musée en compagnie de son directeur, Samy Odin, et découvrez dans le faisceau de sa torche, l'histoire privée de ces merveilleuses poupées du temps passé.

Un jeudi par mois, sur réservation 01 42 72 73 11






Combien vaut ma poupée ? Expertises de poupées

Combien vaut ma poupée ? de quand date-t-elle ? Où a-t-elle été fabriquée ? par qui ?...
Samy Odin, directeur du musée et spécialiste en poupées, répond publiquement à toutes vos questions, sur présentation de votre poupée, après votre visite au musée.

Un samedi par mois, sur réservation 01 42 72 73 11





Une boutique et une librairie spécialisées

La boutique du Musée, ouverte aux mêmes horaires que les salles d'exposition, est également accessible sur ce site.

Elle propose des poupées anciennes et de collection, des poupées jouets, des vêtements et des accessoires, des ouvrages, de la carterie, des peluches, des miniatures et des produits dérivés...



 


Une clinique pour poupées et peluches, des expertises

La clinique pour poupées du musée répare les poupées anciennes, les baigneurs, les peluches, les doudous...

Véronique Derez, notre restauratrice, est généralement présente le jeudi de 13h à 16h mais vous pouvez, bien sur, venir tous les autres jours pour un devis. (sur présentation de la poupée ou de la peluche malade)

Des expertises écrites et des cartes d'identité payantes sont réalisées, sur rendez-vous avec le directeur et sur présentation des objets.





Un atelier de confection et un rayon de mercerie ancienne pour poupées

L'atelier de confection réalise des vêtements pour poupées y compris sur mesure.

Isabelle Banon, notre couturière étudie vos projets le vendredi sur rendez-vous. (Devis gratuit sur présentation de la poupée)

Un nouveau rayon de mercerie ancienne propose aux couturières en herbe ou chevronnées : tissus, dentelles, rubans, galons, boutons, patrons...




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Prochaine exposition à partir du 25 mars 2008


"Poupées et jouets : l'éveil des 5 sens"

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